Et vous, comment consommez vous l'info ?

SPOILER ALERT :   PROFANE    apprenti    compagnon    maître





J'avais envie de vous proposer aujourd'hui une réflexion autour de l'information et de sa consommation. 

La démarche maçonnique est dans un sens un engagement à l'échange avec l'autre. Si on ne parle jamais de confrontations, mais plus d'apports, il peut arriver que nous ne soyons pas d'accord avec nos frères et sœurs. Ces désaccords me semblent parfois dus, non pas à une absence de consensus, mais plutôt à une divergence de points de vue (au sens premier). Regarder les choses avec un angle différent, c'est aussi progresser dans sa démarche maçonnique. 

Toutefois, il m'arrive parfois d'entendre l'évocation de fake news lors de nos réunions (voir ici un lien vers quelques explications sur la notion de fake news). Je ne suis pas moi-même exsangue de sophismes et victime de fausses informations comme tout bon consommateur des réseaux sociaux. Le journal "le un" daté du 4 septembre 2019 dans son numéro double présente une analyse du traitement de l'information et de l'éducation au média (Info Mode D'emploi). Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas, ce journal traite d'un thème en convoquant différentes personnalités et corps de métier pour amener une lecture transversale. On pourra ajouter d'ailleurs que le un est indépendant, ce qui se fait rare.


Ce numéro a éveillé quelques réflexions autour de notre comportements en loge. 

J'en suis persuadé aujourd'hui, la Franc-maçonnerie peut être le bras outillé de la pensée critique. La façon dont nous abordons les débats permet de décortiquer un sujet et de l'enrichir d'une vision différente. Quand un frère ou une sœur planche, ielle nous livre sa vision d'un sujet, avec son point de vue. Celui-ci sera par la suite discuté et enrichi. Ainsi, un des principes de base de l'esprit critique est la confrontation à des contre-arguments qui sont amenés en loge de manière fraternelle, permettant de limiter les réactions de défenses (dissonance cognitive). 

Comme évoqué dans un précédent billet (ici) nous sommes les victimes de nos biais (il en existe plus de 150) qu'il nous est impossible de détecter en amont. C'est seulement à postériori, c'est à dire une fois qu'ils se sont manifestés, que nous pouvons en prendre conscience. La raison n'est pas toujours suffisante pour nous garder de ces altérations du raisonnement qui nous aident par ailleurs à survivre au quotidien. 


Nous essayons dans nos temples de ne pas nous laisser submerger par nos passions.

Une émotion trop forte pourrait nous brouiller les idées. Dépasser par nos propres démons, nous prendrions le risque de sacrifier la raison sur l'autel des sentiments.

Les outils et symboles que nous utilisons sont pour nous des garde-fous et des moyens de nous prémunir des pensées dogmatiques. Notre cerveau n'est pas construit pour toujours détecter la vérité, nous avons donc besoin de méthode pour nous prémunir des raisonnements biaisés. Chaque outil peut nous permettre de travailler pour tendre vers un idéal. Tendre et pas atteindre, l'idéal n'existant pas, seul le chemin parcouru compte.

Mais nous avons aussi besoin de temps. 

Dans le monde profane, nous sommes écrasés par une somme astronomique d'informations toujours plus exponentielle. Le temps maçonnique lui est particulier, comme suspendu. Nous utilisons des procédés pour créer des bornes spatiales et temporelles. Ce n'est pas de la science fiction, de l'ésotérisme peut être. En tout cas, cela nous permet de temporiser les débats, de laisser le temps à la réflexion donc de construire nos prises de paroles avec un peu moins d'erreur...


Ou pas ?

Mais ne sommes nous pas nous-mêmes victimes d'une vision, d'une orientation maçonnique des thèmes que nous traitons ensemble. Si la franc-maçonnerie en général promeut des valeurs universelles,  l'obédience à laquelle j'appartiens traite de sujets de société, et affectionne particulièrement les questions de liberté et de laïcité. Enfin, chaque loge à une orientation encore plus singulière. 

De fait, sommes-nous vraiment critique envers nous-mêmes ? Pouvons-nous sérieusement penser que nous avons moins de préjugés sur le monde dans la mesure où nous le regardons avec un prisme particulier ? Moi qui rencontre et côtoie  pas mal de maçons, est-ce que je ne finis pas par penser en maçon, c'est à dire d'une façon quelque peu identique à mes frères et sœurs ?

Dans l'article, Bronner parle de boussole. En maçonnerie, je crois bien que cette boussole est la morale, on est donc pas sorti de l'auberge...

Adelphiquement vôtre.


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